la sainte et divine liturgie

Dimanche 5 juin 2016, à Saint-Jean-Baptiste, la messe de 11 heures était célébrée dans le rite byzantin par le père Charbel Ouba, vicaire à Saint-Julien-le-Pauvre, la paroisse grecque-melkite de Paris.

messe byzantine1 2016.06.05 - Copie

Eglise grecque-melkite catholique

On appelle melkites les chrétiens des trois Patriarcats d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem, qui ont accepté le concile de Chalcédoine (451) sur les deux natures, humaine et divine, du Christ ; les décisions de ce concile furent entérinées par l’empereur de Byzance (Constantinople). De manière péjorative, les opposants appelèrent ces chrétiens melkites (en syrien Malka signifie Empereur) : ils étaient considérés comme des valets du monarque. Ils se séparèrent de Rome lors du Grand Schisme d’Orient (1054).

Après l’échec de l’union décidée au concile de Florence en 1439, deux tendances se font jour : l’une pour Constantinople, l’autre pour Rome, avec deux lignées de patriarches. En 1729, Rome reconnaît Cyrille VI comme Patriarche de l’Église grecque-melkite catholique. En 1822 est inaugurée à Marseille l’église Saint-Nicolas-de-Myre, première église orientale de France.

Aujourd’hui Grégorios III Laham porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem  et réside à Damas. L’Église Grecque-Melkite catholique compte environ un million trois cent mille fidèles dans le monde.

A lire également : Les Chrétiens en Orient, une mosaïque d’Eglises issues des cinq patriarcats (Fip n°40 du 5 juin 2016)

Le rite byzantin

Il et en usage dans les Églises orthodoxes et dans certaines Églises catholiques orientales, comme les Melkites (existent quatre autres rites orientaux : syrien, chaldéen, copte et arménien). Elle prévalait dans la capitale de l’empire, Byzance.

La messe y est célébrée selon « la divine liturgie de saint Jean Chrysostome » (patriarche de Constantinople, 345-407). Elle plonge ses racines dans les liturgies d’Antioche et de Jérusalem.
La célébration proprement dite est précédée par le rite de la prothèse (crédence) ou proscomida (préparation des ministres et des espèces eucharistiques).

C’est ensuite la liturgie de la Parole : bénédiction initiale, litanies, « petite entrée » (introduction de l’Évangile), hymnes, oraison, trisagion, lecture d’une épitre puis de l’évangile.

La liturgie eucharistique commence par l’offertoire et la « grande entrée » (translation des saints dons depuis la prothèse jusqu’à l’autel en passant par la nef). Puis c’est le Credo, l’anaphore (prière eucharistique).

La communion eucharistique est introduite par le Notre Père qui précède la fraction du pain et la communion. Après l’action de grâce, c’est la bénédiction finale.

Un « latin » un peu attentif n’a aucune peine à suivre une célébration « orientale » et – naturellement – il peut y communier !

Prière avant la communion (elle est dite par le clergé et les fidèles) :

Je crois, Seigneur, et je confesse que tu es le Christ, Fils du Dieu vivant,
venu au monde sauver les pécheurs, dont je suis le premier.
Je crois aussi que ceci même est ton Corps immaculé,
et cela ton Sang précieux.
Je t’en prie donc, aie pitié de moi,
pardonne-moi mes fautes commises volontairement ou non,
en paroles, en action, sciemment ou par ignorance.
Rends-moi digne de participer, sans mériter condamnation,
à tes mystères immaculés,
pour la rémission de mes péchés,et pour la Vie éternelle.

À ta Cène mystique fais-moi communier aujourd’hui, ô Fils de Dieu.
Car je ne dirai pas le secret à tes ennemis, ni ne te donnerai le baiser de Judas.
Mais, comme le larron, je te crie :
« Souviens-toi de moi, Seigneur,dans ton Royaume. »

Que la réception de tes saints mystères, Seigneur,
ne tournent point à mon jugement ni à ma condamnation,
mais à la guérison de mon âme et de mon corps. Amen.

traduction dans « La sainte et divine liturgie de notre saint père saint Jean Chrysostome » publiée par la paroisse Saint-Julien-le-Pauvre.