La Messe expliquée par le Pape

Il s’agit d’un ensemble de catéchèses données par le Pape François en 2017 et 2018 à l’occasion de ses audiences du mercredi matin.

  1. 1. L’Eucharistie est un événement merveilleux dans lequel Jésus Christ, notre vie, se fait présent. Participer à la Messe signifie : vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. C’est une théophanie : le Seigneur se fait présent sur l’autel pour être offert au Père pour le salut du monde. Le Seigneur est là avec nous, présent.
    Souvent, nous allons là, nous regardons les choses, nous bavardons entre nous et le prêtre célèbre l’Eucharistie… et nous ne célébrons pas à ses côtés. Mais c’est le Seigneur ! Si le président de la République ou une personne très importante dans le monde venait ici aujourd’hui, il est certain que nous serions tous près de lui, que nous voudrions le saluer. Mais réfléchis : quand tu vas à la Messe, c’est le Seigneur qui est présent ! (…)
    « Père, c’est que les Messes sont ennuyeuses » — « Mais que dis-tu, le Seigneur est ennuyeux ? » — « Non, non, pas la Messe, les prêtres » — « Ah, que les prêtres se convertissent, mais c’est le Seigneur qui est présent ! ». Compris ? Ne l’oubliez pas.
    Participer à la Messe signifie vivre à nouveau la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. (…) À  travers ces catéchèses que nous commençons aujourd’hui, je voudrais redécouvrir avec vous la beauté qui se cache dans la célébration eucharistique et qui, une fois dévoilée, donne tout son sens à la vie de chaque personne. (8 novembre 2017)

 

  • 2. La Messe est prière, elle est même la prière par excellence, la plus élevée, la plus sublime, et dans le même temps la plus « concrète ». En effet, c’est la rencontre d’amour avec Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. C’est une rencontre avec le Seigneur. (…) La prière est tout d’abord dialogue, relation personnelle avec Dieu. Et l’homme a été créé comme être en relation personnelle avec Dieu. (…)
    Prier, comme tout véritable dialogue, est également savoir demeurer en silence — dans les dialogues il y a des moments de silence —, en silence avec Jésus. Quand nous allons à la Messe, nous arrivons peut-être cinq minutes à l’avance et nous commençons à bavarder avec celui qui est à côté de nous. Mais ce n’est pas le moment de bavarder : c’est le moment du silence pour nous préparer au dialogue. C’est le moment de nous recueillir dans notre cœur pour nous préparer à la rencontre avec Jésus. Le silence est si important ! (…) Nous n’allons pas à un spectacle, nous allons à la rencontre du Seigneur et le silence nous prépare et nous accompagne. Demeurer en silence avec Jésus. Et du mystérieux silence de Jésus jaillit sa Parole qui retentit dans notre cœur. Jésus lui-même nous enseigne comment il est réellement possible « d’être » avec le Père et il nous le démontre par sa prière. (Audience, 15 novembre 2017)

 

  • 3. La célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Église. Nous, chrétiens, allons à la Messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité, ou mieux, pour nous laisser rencontrer par Lui, écouter sa parole, nous nourrir à sa table, et devenir ainsi Eglise, c’est-à-dire son Corps mystique vivant dans le monde. (…)
    L’abstention du travail le dimanche n’existait pas aux premiers siècles: c’est une contribution spécifique du christianisme. Pour la tradition biblique, les juifs se reposaient le samedi, tandis que dans la société romaine, aucun jour hebdomadaire d’abstention des tâches serviles n’était prévu. Ce fut le sens chrétien de vivre en tant qu’enfants et non en tant qu’esclaves qui fit du dimanche — presque universellement — le jour du repos. (…) Il est vrai que la qualité de la vie chrétienne se mesure à la capacité d’aimer, comme l’a dit Jésus: « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35); mais comment pouvons-nous pratiquer l’Evangile sans puiser l’énergie nécessaire pour le faire, un dimanche après l’autre, à la source intarissable de l’Eucharistie ? Nous n’allons pas à la Messe pour donner quelque chose à Dieu, mais pour recevoir de Lui ce dont nous avons véritablement besoin. (Audience, 13 décembre 2017)

 

  • 4. La Messe est composée de deux parties, qui sont la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique, si étroitement liées entre elles qu’elles forment un unique acte de culte. Introduite par plusieurs rites préparatoires et conclue par d’autres, la célébration est donc un unique corps et ne peut être séparée. (…)
    Quand le peuple est rassemblé, la célébration s’ouvre par les rites d’introduction, qui comprennent l’entrée des célébrants ou du célébrant, le salut – « Le Seigneur soit avec vous » – l’acte de pénitence, « je confesse », au cours duquel nous demandons pardon pour nos péchés – le Kyrie eleison, l’hymne du Gloria, et la prière de la collecte : elle s’appelle « prière de la collecte » non pas parce que l’on fait la collecte des offrandes : c’est la collecte des intentions de prière de tous les peuples ; et cette collecte de l’intention des peuples monte au ciel comme une prière.
    Le but de ces rites d’introduction est de faire en sorte que les fidèles qui se réunissent réalisent une communion et se disposent à bien entendre la parole de Dieu et à célébrer dignement l’Eucharistie. Ce n’est pas une bonne habitude de regarder sa montre et de dire : « Je suis dans les temps, j’arrive après le sermon et avec cela, j’accomplis le précepte. » La Messe commence avec ces rites d’introduction, parce que c’est là que nous commençons à adorer Dieu en tant que communauté. C’est pour cela qu’il est important de prévoir de ne pas arriver en retard, mais en avance, pour préparer son cœur à cette célébration de la communauté. (Audience, 20 décembre 2017)

 

  • 5. Alors que, généralement, a lieu le chant d’entrée, le prêtre, accompagné des autres ministres, arrive en procession au presbytérium (= le chœur de l’église), et là, il salue l’autel en s’inclinant et, en signe de vénération, il le baise et, s’il y a de l’encens, il l’encense. Pourquoi ? Parce que l’autel est le Christ : c’est la figure du Christ. Quand nous regardons l’autel, nous regardons précisément là où il y a le Christ.
    Ces gestes, qui risquent de passer inaperçus, sont très significatifs, parce qu’ils expriment depuis le début que la Messe est une rencontre d’amour avec le Christ, qui, « en livrant son corps sur la croix (…) est à lui seul l’autel, le prêtre et la victime » (5e préface de Pâques). En effet, l’autel, en tant que signe du Christ, « est le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie » (Présentation Générale du Missel Romain – PGMR – n° 296), et de toute la communauté autour de l’autel, qui est le Christ ; non pas pour regarder le visage les uns des autres, mais pour regarder le Christ, parce que le Christ est au centre de la communauté, il n’est pas éloigné d’elle. (Audience, 20 décembre 2017)